Réchauffement climatique : les 4 enjeux de la COP23

ÉCLAIRAGE - Un an après l'entrée en vigueur de l'accord de Paris, ses signataires se réunissent à nouveau à Bonn, en Allemagne, du 6 au 17 novembre prochains.

Le 12 décembre 2015, à l'issue de la Conférence de Paris sur le climat  

(COP21), l'accord de Paris sur le climat était approuvé par l'ensemble des 195 délégations réunies dans la capitale. Ce texte, qui vise d'une part à limiter l'augmentation de la température moyenne de la planète bien en-dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels et, d'autre part, "à poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5°C", est entré en application le 4 novembre 2016. Ce laps de temps entre la signature et l'entrée en vigueur s'explique par la nécessité de réunir la signature de 55 pays responsables ensemble d'au moins 55% des émissions de gaz à effet de serre.

Deux ans plus tard, il s'agit de convertir les paroles en actes. C'est à cela que va servir la COP23 organisée à Bonn, en Allemagne, du 6 au 17 novembre prochains. Mais cette réunion aura plusieurs autres objectifs, notamment celui de gérer la délégation américaine, après l'annonce de Donald Trump du renoncement de son pays à l'accord de Paris.

1. Faire avancer les négociations sur l'accord de Paris

Pour ce faire, l'une des tâches de cette COP23 est "de préparer le dialogue de facilitation qui portera sur la révision des contributions nationales à la hausse afin d’atteindre les objectifs fixés par l’accord de Paris", explique le Parlement européen, qui enverra une délégation de 12 députés à Bonn. Un dialogue normalement prévu pour 2018. Cette COP23 s'annonce donc comme une conférence plutôt technique, qui vise à préparer celle de Katowice (Pologne), la COP24, qui sera organisée en 2018. C'est à ce moment-là que l'on connaîtra les détails de la mise en oeuvre concrète de cet accord que Laurent Fabius avait décrit comme "ambitieux et équilibré".

2. Gérer la position américaine

La nouvelle avait fait l'effet d'une bombe. Le 1er juin dernier, Donald Trump a confirmé que les États-Unis se retireraient de l'accord de Paris, considérant que le texte "désavantageait" son pays. Pour autant, la décision du président américain ne pourra entrer en application qu'à partir de 2019. Une délégation américaine sera donc bien présente à Bonn. Les regards seront braqués sur les représentants de l'administration Trump, qui auront à choisir entre plusieurs stratégies : s'impliquer dans les négociations pour avantager leur pays, paralyser les discussions ou alors rester neutres et en retrait.

3. Empêcher d'autres pays d'emboîter le pas à Trump

Si le risque semble modéré, il n'est pas impossible que certains pays, qui redoutent les règles auxquelles ils seront soumis, puissent eux aussi se désengager de l'accord de Paris, au même titre que les États-Unis. À ce titre, une attention toute particulière sera portée au cas de la Russie, seul pays du G20, avec la Turquie, qui n'a pas ratifié le texte à l'heure actuelle. Vladimir Poutine pourrait par exemple réitérer la stratégie mise en place en 2001, lors du retrait des États-Unis du protocole de Tokyo. Il avait ainsi profité de la situation pour obtenir de nombreuses concessions concernant les objectifs demandés à son pays avant de s'engager.

4. Sensibiliser la planète à la situation des îles pacifiques

"Les enjeux pour nous sont extrêmement importants", a déclaré Frank Bainimarama, le premier ministre des îles Fidji et président de cette COP23. "Spécialement pour nos amis des îles Marshall, Tuvalu et Karibati, dont l’existence même est menacée. Mettre en œuvre l’accord de Paris est crucial mais pas suffisant pour nous sauver. Nous devons aussi convaincre le reste du monde d’aller encore plus loin", avait-il expliqué lors du discours d’ouverture d’un rassemblement préparatoire à la COP, le 16 octobre dernier. Ces territoires sont en effet en grand danger. Plusieurs experts et ONG estiment que si le réchauffement climatique n'est pas limité à 1,5 degré, les îles et littoraux pourraient être rayés de la carte. Pour le moment, les États ayant ratifié l'accord de Paris se sont seulement entendus sur le seuil de 2 degrés.

Source : Léa Stassinet (RTL)

Rapport de Missions

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